mercredi 17 septembre 2008

Questions pour des réponses

La tempête financière, les ambitions russes, les appétits chinois, les terrorismes de toutes couleurs...Comment les dirigeants des pays de ce monde peuvent-ils encore dormir tranquilles? Comment la politique peut-elle encore apporter les réponses adéquates à toutes ce menaces? Comment les dirigeants peuvent-ils calmer les peuples en prétendant maîtriser la situation?

Revenir aux fondamentaux, comme on dit! Et ils ne sont pas compliqués. Peut-être chacun peut trouver une voie, quel que soit son rang, en essayant de répondre à ces cinq questions. Elles charpentent un cours du programme académique d'une prestigieuse université, un coursqui cherche à montrer que les questions d'aujourd'hui, ont déjà été traitées en long et en large par la littérature d'hier...

How far do you go in sacrificing truth and sincerity in order to fit into society? 

If you find yourself a powerless leader of a country (or any organization), how do you take advantage of social tensions in order to seize control and build a relatively stable model of political power?

Why is there evil in the world and how to deal with it? What could be the role of religion in a society governed by reason? 

How social organizations as well as individuals must identify the tensions that shape society and adapt to them or disappear? 

What are the trade-offs between equality and freedom in building a new social order?


Certains ne manqueront pas de remarquer que la quatrième question est bigrment d'actualité dans notre pays!

Face à ces questions et à bien d'autres, souvent, il n'est pas inutile de trouver refuge dans la paix de certains monuments musicaux, comme ce morceau de 3 mn de l'opéra "Turandot" de Puccini chanté par Pavarotti et qui se termine par le fameux cri: VINCERÒ!!!!

Bonne écoute 


mardi 16 septembre 2008

Subventionner le gaz pour surexploiter l'eau


C'est exactement ce que fait le gouvernement marocain.

Avec l'objectif louable d'aider les familles nécessiteuses à faire face au coût de la vie, notamment pour le chauffage et la cuisine, les pouvoirs publics prennent en charge depuis plusieurs années la moitié du prix de la bonbonne de gaz. Un engagement sur lequel il est difficile de revenir, comme chacun peut imaginer, malgré le coût exorbitant qu'il représente pour les finances publiques. Mais le gouvernement et les autorités locales ne peuvent pas ignorer que ces mêmes bonbonnes subventionnées sont détournées en grand nombre pour servir au pompage de l'eau dans les grandes exploitations agricoles, en plein jour!!! Pour s'en rendre compte, il suffit de prendre l'autoroute Casa-Settat...
Au point où nous en sommes en surcharge de la caisse de compensation et en déficit en ressources en eau, l'incurie est criminelle!

samedi 13 septembre 2008

Femmes

La vie reprend. Difficilement. Après un évènement dur à accepter, à ne pas souhaiter à son pire ennemi. Qui vous arrache du quotidien et vous plonge dans la perplexité, dans le noir. Qui vous teste, examine votre capacité à supporter, à poursuivre malgré tout. Une séparation pour toujours, sans appel, un départ définitif, sans retour. Dur, car reviennent souvent les idées qu'on n'avait pas échangées, les informations personnelles qu'on n'a pas eu le temps de donner, les moments heureux à venir, et il y en aura, qu'on ne vivra pas ensemble, les sourires, les colères, tout ce qui fait sens dans une vie partagée, et qu'on ne partagera pas....

La vie reprend et le goût pour l'actualité aussi. Celle-ci apporte quelques nouvelles, noyées dans le flot, qui méritent une attention particulière. L'entrée des femmes dans le cockpit de la planète. Il ne s'agit plus des exceptions Thatcher, Bhutto ou Gandhi. C'est un véritable rééquilibrage qui me semble se profiler à l'horizon proche. Après le succès de Merkel et l'échec de Royal et de Clinton, deux nouvelles femmes disputent aux hommes les premières places du pouvoir dans deux puissances mondiales.

Cette Sarah Palin plaît bien. Indépendamment des idées conservatrices qu'elle incarne, cette belle femme a certainement toutes les qualités requises pour être au sommet d'un pays qui nous a habitués à ne pas être dirigé que par des génies de sexe masculin.

Mais celle qui retient le plus mon attention dans cette activité chargée dans sa rubrique: course vers le pouvoir, est la japonaise Yuriko Koike. Cette charmante femme de 56 ans est en compétition pour diriger le parti libéral démocrate, un poste qui lui ouvrirait les portes grand ouvertes de la primature à Tokyo.
Elle a le soutien du charismatique Koizumi, mais dans un pays encore insuffisamment préparé à un changement de cette envergure, ses chances ne sont pas très grandes. Quel que soit le résultat du 22 septembre, cette femme, comme Mme Palin, aura fait bouger quelques lignes. Tous ceux qui ont eu l'occasion de la connaître de près, surtout dans les moments difficiles des négociations internationales, gardent de cette ancienne ministre de l'environnement le souvenir d'une belle femme, élégante, souriante, affable mais tenace et compétente. Elle avait imposé, comme mesure symbolique mais porteuse dans la lutte contre le changement climatique, l'abandon du port de cravate à tous les fonctionnaires mâles.

Pour nous, arabes, Mme Koike présente un atout certain dans notre bataille d'affirmation d'existence dans ce monde tourmenté. Elle parle arabe, couramment, ou presque, et elle a une affection particulière pour les pays arabes.

Souhaitons bonne chance à cette femme et bon courage à celle qui avait su si bien accompagner notre disparu...

jeudi 11 septembre 2008

Aimer son pays

Qui aime et sert le mieux son pays? Le jeune blogueur Erraji, qui a su garder intacte sa capacité de réaction, qui a livré une opinion, qui s'est insurgé contre ce qui lui semble injuste? Ou le juge qui a expédié le blogueur en prison pour deux ans? Qui des deux est le plus représentatif du Maroc qui bouge?

mardi 2 septembre 2008

Merci

Coup dur. Echéance imprévisible, qu'on ne peut ni avancer ni, surtout, retarder.
Message bien reçu. Pas besoin de s'attarder. La vie doit reprendre maintenant. Merci à tous ceux qui ont fait signe, ont soutenu, ont compati, ont eu des larmes, se sont souvenu, ont eu une pensée, ont appelé, ont écrit...


Une pensée particulière pour la famille. La sienne, la mienne, la nôtre. Et surtout pour ce diamant, qui éclaire mon chemin...

dimanche 31 août 2008

Personnel

Ce blog a perdu un lecteur assidu. Un lecteur qui ne laissait pas de commentaire écrit. Il préférait les faire oralement. Il avait une grande passion: son pays, le Maroc. Il l'aimait. Il aimait le Maroc, sa poussière, son air, ses gens, son climat, ses routes, ...Tout. Mais il n'y vivait pas. Il a fait partie de ces compétences marocaines qui servent de loin. Mais de loin seulement. Il n'acceptait pas l'injustice, les écarts sociaux, les tracasseries, tous ces maux qui rongent encore un pays en mouvement. Non ce n'était pas par égoïsme. Ce n'était pas parce que la vie en France lui était plus confortable. Non, puisque cela lui coûtait. Il souffrait davantage que ceux restés au bled. Contribuer au changement? Oui, il a fait ce qu'il a pu. Il militait à sa manière. Il s'était déplacé, il y a un an pour participer à la victoire aux élections législatives. Il a assisté, attristé, à la débâcle.
Souvent il était mieux informé que nous tous. Il suivait l'actualité, à chaque instant. Il cherchait à déceler la direction des choses. Il voulait obstinèment que cette transition mène à la stabilité, le progrès et le développement pour tous.
C'était mon frère, Abderrahman. Parti à l'âge de 52 ans...
Qu'il repose en paix!

mardi 19 août 2008

Mohamed Baniyahia n'est plus

Triste nouvelle ce matin. J'ai connu le défunt en de nombreuses circonstances, au Maroc et à l'étranger.
Je vois encore son visage souriant en toute situation, et je l'entends encore argumenter patiemment sans laisser indifférent.
La dernière fois que je l'ai vu, c'était le samedi 28 juin 2008. Je prenais un café non loin du lycée de mon fils en attendant les résultats du baccalauréat. Il est rentré et s'est mis à ma table. Il attendait, m'a-t-il dit les résultats d'examens médicaux. J'étais loin de savoir que ces résultats ne pouvaient pas être bons et qu'il n'avait plus que sept semaines à vivre.
Nous avons discuté du Congrès du parti qui venait de "s'achever" et dont il présidait la commissioin préparatoire.
Nous avons partagé nos déceptions, notre tristesse sur le sort du parti et échangé sur nos divergences.
Mais qui y pouvait encore quelques chose?

Adieu Baniyahia...

dimanche 17 août 2008

5l. 123p.

Voilà, l'ami Maestro Amadeus me fait entrer dans ce jeu amusant où il faut copier la cinquième phrase de la 123ème page du livre qu'on lit.

Il s'agit de l'excellent roman "Je m'en vais" de Jean Echenoz, paru en 1999 aux Editions de Minuit.

Et voici la phrase et les suivantes:

"Magnifique, réitère-t-elle avec fougue, et vous avez trouvé? Je crois que j'ai quelques petits objets, dit prudemment Ferrer, mais il faut encore voir, je n'ai pas d'estimation précise. J'aimerais bien voir tout ça, dit Martine Delahaye, vous les exposez quand?"

samedi 16 août 2008

Kiya parmi d'autres...

Nous l'appelerons Kiya. Une femme robuste et plutôt entêtée. Elle habite dans une agglomération anarchique dans la périphérie d'une grande ville. Elle vit avec sa mère depuis qu'elle est entrée en négociation de divorce d'avec son mari. Sa mère lui garde sa fille lorsqu'elle travaille à faire le ménage pour s'assurer quelques revenus depuis qu'elle a quitté son mari. En contrepratie, elle reverse une part de ces revenus à sa mère et lui fait même quelques gentillesses supplémentaires, du genre lui tailler une djellaba. Mais la mère demande toujours plus. Elle profite à fond de la situation de sa fille. Les temps sont ainsi. Ils ne sont plus comme ils étaient dans le passé. Il faut s'accommoder.
L'histoire de Kiya est toute simple et de plus en plus courante dans les milieux défavorisés. Elle a épousé un homme, sans savoir vraiment pourquoi. Ce n'était ni un mariage d'amour ni un mariage de raison. C'est plutôt la mise ensemble de deux personnes de sexe opposé pour faire comme tout le monde. Parce qu'il n'est pas bon rester seul. Parce que les deux familles respectives s'acquittent ainsi d'une mission naturelle. Dans ce couple, il n'y a ni respect, ni estime, ni partage, ni vie commune. Chacun se débrouille le jour et le soir, dans l'exiguité et sans vraiment de confiance, des contacts intimes peuvent se produire. Dans une de ces nuits de soumission, l'enfant de Kiya a été conçu.
Mais avoir un enfant ne renforce pas vraiment les liens du couple. Le père ne se sent obligé par aucun devoir. L'enfant est d'abord le travail de la mère qui doit subvenir à tous les besoins. Le mari de Kiya avait bien un travail. Mais il n'en parlait jamais. Il avait bien un salaire. Mais Kiya n'avait pas le droit d'en connaître le montant. Il avait de l'argent mais Kiya ne savait pas en quoi le dépensait-il. De temps à autre, il lui laissait dans la chambre, quelques billets. Dans ce couple on ne parlait pas. On agissait par gestes convenus. Kiya récupérait les billets, faisaient quelques courses et parvenait à subvenir aux besoins de l'enfant. Il en a été ainsi durant quelques semaines. Jusqu'au jour où le mari a décidé de ne plus rien donner. Il rentrait de plus en plus tard. Il sentait l'alcool. Il parlait encore moins. La situation devenait intenable pour Kiya. Elle ne vivait, avec son enfant, que grâce à ce qu'elle pouvait obtenir des voisins ou des quelques connaissances qu'elle avait dans cette agglomération où la pauvreté était courante. Elle a décidé d'en parler avec son mari qui consent à lui répondre. Il ne percevait plus de salaire. Son employeur, dit-il, refusait de payer ses salariés. Il n'avait donc plus rien à lui donner. Kiya accepta son sort et fit de son mieux pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant.
Un soir, rentrant de chez une de ses connaissances, elle aperçoit dans la pénombre, dans une voiture, son mari en compagnie d'une femme, des cannettes de bière à la main. Elle n'y pense pas à deux fois. Elle s'abaisse ramasser un tas de cailloux, s'approche de la voiture du coupable. Kiya n'écoute que sa rage et son désespoir et se met à lapider Satan. Les cailloux fusent au milieu des insultes que puisait Kiya dans son répertoire assez fourni. Des passants interviennent assez rapidement avant que l'irréparable ne fut commis. Le mari et sa campagne s'en sortent bien avec seulement quelques égratignures sur le visage.
Kiya rentre chez elle, prend le peu de bagages qu'elle possédait, passe récupérer son enfant confié à une voisine et part chez sa mère. Depuis ce soir là, Kiya fait des ménages, reverse une part de ses revenus à sa mère qui lui garde son enfant et passe tout le temps qu'elle peut voler dans les couloirs du tribunal à la recherche de la justice.

mardi 12 août 2008

Ce Maroc

Dans le hall imposant de Bank Al Maghrib, silence et respect régnent. Il faut dire que l'architecture moderne et la décoration sombre des lieux n'invitent guère à la dissipation. Des affichettes, nombreuses sont collées aux murs pour signifier l'interdiction, appremment stricte et respectée d'utiliser les téléphones portables.
Peu de clients, mais beaucoup d'employés s'agitent. Les hommes sont impeccablement cravatés et les femmes, toutes sans exception, fermement voilées. Un étranger pénètre dans le hall et cherche le guichet du change. Il consulte le tableau des taux et, renseignement pris, il décide de quitter. Tout d'un coup, une voix s'élève et rompt le silence ambiant. Une phrase lapidaire est prononcée par un des guichetiers, impeccablement cravaté. Il s'adressait sous forme interrogative à l'agent près duquel passait l'étranger: "Chouf maa dak el gaouri ila endou chi bent n'tnasbou maah!"...
C'est quoi ça? Plaisanterie? Moquerie? Ironie? Ennui? Rébellion? Recherche désespérée? Une habitude? Une exception?
En tout cas, le temps d'une seconde, une agence de la vénérable Bank Al Maghrib s'est transformée en asile.
Personne ne réagit, bien entendu. L'interpellation n'aura pas de suite. On ne saura pas si l'étranger a une fille à marier. On ne saura pas non plus si le guichetier recommencera sa quête dès l'apparition d'un nouveau client étranger dans le hall de Bank Al Maghrib.

Cette scène, réelle, fait partie des scènes qui illustrent le Maroc des contradictions d'aujourd'hui. Ce Maroc où le strict cohabite avec l'insensé, le moderne avec l'attardé, l'efficient avec le roublard...

Mais le Maroc c'est aussi le pays des larmes versées sur des visages déçues par un départ, le regard plein de reconnaissance...

Ce Maroc reconnaîtra les siens.