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dimanche 28 décembre 2008

Mes voeux pour 2009 (2/3)

Le parti de l’USFP fêtera en septembre 2009 le cinquantième anniversaire de sa constitution.

C’est pour ce parti central de la scène politique marocaine l’occasion de faire un bilan et de dresser l’état des lieux. J’espère que l’actuelle direction fera le nécessaire pour célébrer cet anniversaire avec lucidité et clairvoyance.

Pour ma part, en tant que militant de ce parti depuis de nombreuses années, un militant qui a tant donné et qui a tant reçu de ce parti, le constat est alarmant et triste : la situation n’est pas reluisante. La combativité des années 60 est perdue. Le lustre des années 70 et 80 est terni. La position dans la société des années 90 est érodée. La solidarité interne est émiettée. Les structures locales sont en panne et les relais ne fonctionnent plus.

Si l’objectif bien compris de chaque parti est d’arriver au pouvoir, l’USFP a durant des années fait croire que cela ne l’intéressait pas. Ce parti a longtemps fait son travail d’opposition, sans concession, en protestant, en critiquant et en répétant le fameux slogan : les sièges ne nous intéressent pas.

Mais au contact du pouvoir, la transformation appropriée n’a pas eu lieu et le revirement a été fatal. Associé aux commandes, de manière très limitée et contrôlée, à la faveur d’un compromis de transition, le parti de l’USFP ne se battait plus que pour se maintenir, que pour ne pas se faire exclure, aussi réduite que pouvait être la parcelle de pouvoir qui lui était attribuée. A défaut d’exercer le pouvoir, ses représentants ne visaient plus qu’à s’y maintenir.

Mon vœu pour 2009 est que cette situation se clarifie et que les conséquences soient tirées, pour qu’une véritable alternative soit proposée. Sans nuisance ni complaisance.

Que l’USFP, élargi, rénové, devienne un parti qui n’est pas là pour rassurer, mais pour assurer la mission de parti vigilant contre les excès et les dérives, un rôle d’avocat des catégories sociales exclues, de porte-parole des élites attachées au développement et à la modernisation de leur pays. Un parti défenseur de l’option social-démocrate qui démontre chaque jour, partout, qu’il est possible de présenter une offre politique structurée capable de sauver le Maroc du danger intégriste réactionnaire et de la dérive mafieuse.

samedi 8 novembre 2008

Le Congrès de ce qui rate!

Le sursaut n'aura pas eu lieu! C'est triste. La chute de l'USFP entamée dès les élections de septembre 2007 se poursuit. A Skhirat, un nouveau premier secrétaire a été "choisi" pour diriger ce parti. Un homme âgé, usé, fatigué, incapable de se mouvoir, comment peut-il émouvoir? Il ne connaît rien du pays, il a toujours préféré l'air conditionné des bureaux de la capitale et le confort des voyages nombreux à l'étranger. Depuis qu'il a verrouillé une circonscription électorale à sa mesure, il a su manoeuvrer à droite et à gauche, avec le haut et le bas pour se maintenir, passer entre les gouttes, sans trop se mouiller... Personne ne lui connaît de projet, d'idées, de déclaration sur le fond des choses...

C'est triste, cette chute que personne n'a réussi à freiner, que d'aucuns attribueraient à des mains invisibles... Mais en réalité le ver est dans le fruit. Gandhi disait: "be the change you want", le Coran aussi prédit qu'aucun changement collectif n'est possible en l'absence du changement individuel.

Dans les couloirs de Skhirat circulait l'anecdote: l'USFP c'est l'US à l'envers. Obama a 47 ans, Radi en a 74!

dimanche 15 juin 2008

Candide à Bouznika-suite

Dimanche midi. Presque deux jours après l'ouverture du Congrès, la jeune déléguée venue du Sud ne comprend pas ce qui se passe. Elle pensait que les choses allaient se terminer ce dimanche pour qu'elle puisse repartir dans sa ville passer ses examens. Elle pensait qu'après les discussions et les échanges de points de vue, on allait passer au vote pour adopter des textes et choisir des dirigeants. Or rien ne semble se passer ainsi. Autour d'elle, les plus aguerris ne comprennent pas davantage, ou alors ils n'ont pas le temps de lui expliquer.

Pourtant après quelques retards, elle a bien vu qu'un présidium a été désigné samedi pour diriger les travaux. On lui a dit que ceux qui ont été choisis pour cette mission l'ont été en raison de l'extinction de leur ambition. Elle ne comprenait pas mais elle a bien vu que des dizaines d'intervenants se sont inscrits et que les débats ont été bien vifs par moments. Tellement vifs que quelques délégués en sont venus aux mains!

Elle voit bien que partout dans l'enceinte du complexe des groupes se forment et se dispersent. Les discussions vont bon train. Elle a pu attrapper quelques bribes, par ci par là, lorsque les discutants ne faisaient pas attention à elle. Elle a entendu dire que la situation était vraiment inquiétante et qu'il y avait même le risque que tout cela tourne mal.

Elle ne sait pas que les ténors n'arrivent pas à s'entendre. Ces éléphants qui ont l'habitude des Congrès préfabriqués où aucune surprise n'était possible. Mais cette fois, la confiance entre eux n'existe plus, et le recours à la démocratie est trop périlleux pour être tenté. Alors, ils font attendre et jouer la montre pour voir qui va céder le premier en mettant la pression sur les nerfs et la disponibilité des congressistes. Ceux qui ont pensé rénover en instaurant le scrutin de liste et l'élection directe du premier secrétaire ont sous-estimé les nuisances de ceux qui ne s'y retrouvaient pas et les ambitions de tous ceux, nombreux, qui s'estiment aptes à figurer dans le bureau politique. Alors les listes se font et se défont, et le risque de revenir aux bonnes vieilles recettes n'est pas écarté!

En l'absence d'information sur tout cela, notre candide s'apprête à repartir chez elle et les candidats à perdre sa voix!

vendredi 13 juin 2008

Candide à Bouznika

Elle a 21 ans. Elle est étudiante en droit. Elle vient du Sud pour participer au 8ème Congrès de l'USFP à Bouznika. Le hasard a fait qu'elle a adhéré à ce parti lors des dernières échéances électorales. Elle a pris goût. Elle a trouvé que ce parti correspondait à ses attentes. Lors des élections des délégués au Congrès dans son agglomération à la périphérie d'Agadir, elle s'est présentée et a eu les voix nécessaires qui lui ont ouvert la voie du Congrès.

Arrivée sur les lieux du Congrès, elle s'est sentie perdue au milieu de ces centaines de personnes venues de toutes les régions du pays. Mais elle a réussi à s'y retrouver, à prendre possession de sa chambre et à récupérer le cartable du délégué, avec tous les documents qui devraient être soumis à discussion et débats.

Ell est contente. C'est la première fois qu'elle quitte sa région natale. Elle trouve le site du Congrès magnifique, avec ses jardins, sa piscine. Elle a été ravie de voir que les organisateurs aient pensé à tout, puisque dans le cartable, elle a trouvé des tickets qui lui donneront droit aux repas servis sur le site.

Elle a trouvé formidable la séance d'ouverture, dans ce chapiteau immense. Elle pensait que les travaux allaient se poursuivre après les discours. Mais les organisateurs, pour des raisons qu'elle ignore, ont tout reporté au lendemain matin. Peu importe. Elle profitera de ce temps là pour réviser les cours qu'elle a amenés avec elle. Car elle compte bien ne pas consacrer tout son temps au Congrès, mais bien de profiter aussi pour préparer ses examens.

La jeune congressiste ne connaît pas les raisons de ce temps mort. Elle ne sait pas que des conciliabules, des tractations, des marchandages sont menés dans des lieux secrets entre divers groupes et personnes. Elle ne sait pas que le Congrès a démarré sans que rien ne soit tranché et que toutes les issues sont possibles.

Mais elle est contente d'être là, de voir tout ce monde...

mardi 3 juin 2008

USFP: la solution Radi?

Depuis quelques semaines, les changements promis dans la procédure de désignation du leader de l'USFP alimentent les potins dans les journaux et les conciliabules à l'intérieur de ce parti. En effet, passer du secret au public, des listes noires et blanches aux listes déclarées, de l'unanimisme de façade à la compétition ouverte, se fier au scrutin du congrès au lieu des compromis ficelés la veille et servis pour le vote orienté, tout cela démontre une évolution qu'il faut saluer.

Dans ce cadre et si tout cela est adopté, il y a une solution qui semble se dessiner. Une combinaison anciens-nouveaux. Une transition, en somme. Celle concoctée entre Radi et certains membres du Conseil National et qui consiste en une liste qui donnera le leadership à Radi conditionné par deux conditions, théoriquement acceptées par Radi. Un contrat selon lequel Radi dirigera le parti pour deux ans à plein temps puisque, deuxième condition, il quittera ses fonctions ministérielles dès son élection.

Face à ce contrat, des questions surgissent. Pourquoi indispensablement un ancien en tête de liste? Pourquoi Radi? Quelle garantie de respect de la clause de démission qui, on le sait, ne dépend pas seulement de la volonté du démissionnaire?

samedi 24 mai 2008

Listes à l'USFP

Dans le débat actuel que connaît le parti de l’USFP pour sa refondation, en fait pour assurer son existence, une avancée importante a été obtenue par l’introduction de la compétition sur la base de listes et de programmes. Cette pratique signifierait une transformation radicale dans la désignation des leaders des partis au Maroc. A condition qu’elle soit conduite jusqu’à son terme, c'est-à-dire son adoption par le Congrès, sa mise en œuvre réelle et l’émergence de nouvelles têtes.
Pour le moment, il ne s’agit que de listes. Que de têtes de listes, plutôt ! Faisant les choux gras de la presse, les ténors du parti se livrent une bataille à distance pour rallier le maximum d’appuis.

Ténors ou pas, dans la cacophonie ambiante, il vaut mieux s’accrocher aux valeurs sûres.
Emboîtant le pas à mon ami Mounir, je propose le slogan : ils ont leurs listes, votons Liszt !

Et pour ceux qui croient que c’est austère, trop classique, trop sérieux, qu’ils jugent par cette vidéo :

mercredi 26 mars 2008

Du militant qui revendique au militant qui décide

Un pays en construction a besoin de militants. De personnes qui s’engagent, se consacrent entièrement à la cause du développement de leur pays.

Dans le Maroc des années de plomb, le militantisme avait une définition claire. Militer était synonyme de s’opposer, critiquer, protester, revendiquer, exiger. Le militant n’avait pas la gestion du temps. Il devait être patient et courageux. Il devait juste ne pas mécontenter ses troupes, mais ceux d’en face, il pouvait
Il ne se souciait pas beaucoup de construire. A la limite, détruire pouvait même ne pas nuire à la cause. Le militant n’avait pas besoin de soigner ses compétences actives. Il ne se donnait pas le rôle de l’action.

Pendant des années, longues, trop longues, des personnalités se sont forgées, des comportements se sont cristallisés. Des moules se sont formées.

A la réconciliation de 1998, Feu Hassan II avait répondu à ceux de l’opposition d’alors qui demandaient le départ de Basri qu’ils n’avaient qu’à se battre contre lui à l’intérieur du gouvernement. Il les invitait à montrer le Henné de leurs mains…

Passés par le moule, des militants ont occupé des postes de responsabilité. Le militantisme devait se poursuivre, bien entendu. Mais en prenant une autre forme.

La période d’édification du Maroc nouveau avait besoin d’un nouveau militantisme.

Militer devait être synonyme d’agir, décider, trancher, rendre des comptes, construire de nouveaux réseaux. Le militant responsable devait faire attention au temps qui passe et avoir une vision, avec des objectifs clairs. Il devait avoir de l’audace, il devait savoir s’entourer, attirer les compétences. Il devait construire.

Cela ne s’est pas produit. Le militant a été atteint d’inhibition. Il avait constamment peur de déplaire.

Il ne peut plus revendiquer : il justifie. Il ne sait pas agir : il réfléchit et réfléchit encore. Il craint de décider : il ménage les uns et les autres.
Les citoyens s’en sont rendus compte. Ils ont boudé massivement les urnes en septembre 2007.

vendredi 1 février 2008

Union Sisyphe des Forces Populaires?

Ce n’est pas l’ébullition, ni l’effervescence… Mais on peut, avec les précautions qui s’imposent, parler d’ambiance favorable à un début d’ébauche d’une dynamique de reconstruction pour un succès probable du 8ème congrès de l’USFP…
Le climat de crise qui prévaut, avec la tombée des masques provoquée par les échecs récoltés ces derniers mois, favorise le débat et peut-être l’élaboration de scénarii de sorties de crise.

Dans ce contexte, empreint d’optimisme mesuré et d’espoir prudent, un groupe de militants s’est réuni jeudi, à 48 heures du Conseil National qui doit nommer la commission préparatoire du congrès, pour examiner les possibilités de leur contribution à ce débat. Et déjà les préalables sont clairs dans l’esprit de ces militants formés aux dures réalités des appareils et aux manœuvres des manipulateurs…Parmi ces préalables, en même temps et avant tout, un objectif, le premier, le plus important, le plus dur, le plus indispensable, qui n'est même plus secret : le renouvellement du leadership.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, plateformes, orientations, choix politiques, ne constituent pas vraiment des obstacles majeurs. Les meilleures motions, les résolutions les plus avant-gardistes, ont toujours été adoptées, endossées par les manœuvriers qui ne recrutent pas un militant, par les apparatchiks qui ne rapportent pas une voix, qui s’en drapent le temps d’une réconciliation, le temps d’une ascension avant de s’en défaire sans aucun scrupule…

Mais après la détermination de l’objectif préalable, les questions fusent. Comment atteindre cet objectif ? Quels mécanismes de vote ? Quels modes de désignation des congressistes ? Comment faire émerger les nouveaux leaders ? Comment réduire les nuisances des nuisibles?
Bien sûr, il y a aussi des réponses. L’instauration du vote électronique, l’adoption des courants, l’inscription dans les textes de l’obligation du renouvellement, la bataille dans les sections, la pression par l’extérieur, l’ouverture…Et surtout, LA question : Sisyphe, est-il ittihadi ?

samedi 12 janvier 2008

L'Usfp sauve son unité

Les travaux du Conseil National de l’USFP viennent de se terminer. Après deux jours de débats, parfois houleux, le parti a pu garder son unité et tourner une page de son histoire sans trop de dégâts. Les observateurs non avertis peuvent minimiser l’importance de ce Conseil, puisqu’il n’y a pas eu de décisions spectaculaires. Mais en réalité, l’avenir reste à construire. Tout d’abord, il n’y a pas eu de vote démissionnant le bureau politique. Ceci peut paraître négligeable, mais pour cette période de transition, et sans prendre la défense d’une direction qui été souvent défaillante, il était important de ne pas plonger dans une période pleine d’incertitude. Ensuite, il n’y pas eu de mouvement de restauration ni de retour sur la démission de l’ex premier secrétaire, qui aurait aggravé les divisions et exacerbé les conflits entre clans. La décision, enfin, a minima, de tenir dans deux semaines une réunion spéciale du Conseil National pour lancer l’organisation du 8ème Congrès permet d’envisager l’avenir avec un certain optimisme.

dimanche 6 janvier 2008

Leadership à l'USFP: le véritable problème

La semaine qui commence pourrait être décisive pour l'histoire de l'USFP. Si l'on avait une vie politique structurée, on aurait assisté à des débats, à l'affrontement d'idées et surtout à l'incarnation d'orientations précises pour l'avenir par diverses personnalités de ce parti. Bien sûr, il y a l'apparition par-ci, par-là, de textes, d'appels, de communiqués...Des militants sincères, pour la plupart, s'ingénient à trouver les mots justes pour mobiliser et dépasser la crise. Mais à la lecture de cette littérature, il n'y a rien de bien nouveau. Les bonnes intentions ne font pas le poids face aux rancunes, aux divisions, aux frustrations.

Quelques mois avant la tenue du 7ème Congrès de l'USFP, en octobre 2004, un groupe de militants avait fait l'effort de rédiger un document en sept axes pour enrichir le débat. Ce groupe pensait, sérieusement mais peut-être trop naïvement, que l'heure des idées était venue et qu'enfin, au sein du parti, six ans après le changement qui devait suivre la participation au gouvernement, place pouvait être faite aux porteurs de projets et de vision. Rien de cela ne se produit. Le document a bien entendu été exploité pour alimenter et embellir les textes cuisinés à la traditionnelle, mais à l'heure des décisions importantes, les réflexes du passé ont vite repris le dessus. Aucun renouveau n'eut lieu, bien au contraire. Une occasion manquée qui marque le début de la descente aux enfers du 7 septembre.

Ce rappel n'apporte rien de nouveau. J'en conviens. Car le diagnostic est maintenant connu de tous. Le véritable problème n'est pas là. Il n'est pas dans la recherche, uniquement, des responsables qui ont conduit à cette situation. Le problème c'est l'absence de relève au sein de ce parti. Où sont les femmes et les hommes capables, aujourd'hui, de rassembler, de mobiliser à l'intérieur et de jouer les intermédiaires lucides et positifs avec les autres composantes du champ politique marocain? Ils existent certainement. Mais par quels mécanismes organisationnels, incontestables et transparents, pourraient-ils émerger?Ceux qui ont conduit à la crise d'aujourd'hui accepteront-ils de laisser le jeu de la concurrence ouverte des projets se faire pour leur trouver des successeurs?

Si, au cours, du Conseil national du 11 janvier, une décision importante devait être prise, c'est bien celle d'organiser le 8ème congrès selon de nouvelles méthodes pour en faire le congrès de la véritable refondation.

jeudi 6 décembre 2007

Enseignements d'une crise

Dans un précédent billet intitulé « négociations pour un gouvernement : l’USFP joue gros », je finissais mon raisonnement par une question : Placer sa personne ou sauver son parti, quel choix prévaudra chez les leaders ?

Le mauvais choix a été fait et la crise s’installe.
Si aujourd’hui un scrutin libre et transparent est organisé parmi les membres de l’USFP pour élire une nouvelle direction, les résultats seront sans aucun doute en faveur de ceux qui ont verrouillé les appareils et nuit à toute capacité d’attraction de ce parti vis-à-vis de la réussite et de la compétence. Et ceci n’est pas le fruit du hasard. Aucun intérêt, aucun effort sérieux n’ont été accordés à la question de l’ouverture et du renouvellement. Les manœuvriers ont toujours été préférés aux porteurs d’idées, qui ont fini par aller ailleurs, sur la vaste terre de Dieu !

Ceci dit, il faut relativiser les défaillances internes. Car ce qui se passe actuellement à l’USFP est révélateur d’un malaise politique beaucoup plus profond que ce que rapportent les descriptions superficielles auxquelles le public a droit en ce moment.

Les résultats des élections du 7 septembre avaient, par le score de l’USFP et par le taux d’abstention, annoncé les signes évidents de ce malaise.

En réalité, il y a un fossé énorme entre les acteurs politiques et la société marocaine. Un fossé rendu encore plus profond par l’indifférence, l’ignorance totale des véritables enjeux politiques. La politique aux yeux de tous, acteurs et citoyens, n’apparaît plus que comme un moyen de répartir des postes et des positions. Peu importent les contenus, les différences de visions, peu importent les compétences ou les projets, seuls comptent les résultats et la répartition des postes.

S’il est tout à fait naturel que l’élite soit minoritaire, la notre l’est encore plus qu’ailleurs tout en restant, dans sa majorité, cantonnée dans une attitude opportuniste favorisée par le contexte politique et la nature du pouvoir au Maroc. Le champ reste libre alors à des acteurs dont le niveau de formation, le background culturel, la moralité, l’autonomie économique laissent à désirer et ne prédisposent pas à l’action moderniste, ouverte et réellement progressiste.

Tout cela est exacerbé par l’absence de sanction judiciaire contre tous ceux qui ont utilisé les positions acquises par les responsabilités politiques pour s’enrichir et trahir la confiance des électeurs. Les cas Laafoura et Slimani, ou les invalidations de certains élus à la deuxième chambre, trop peu nombreux, n’ont jamais été perçus comme le début d’une action vigoureuse contre la corruption en politique. Tout simplement par ce que la justice n’est pas en mesure de faire son travail.

Pour revenir à l’USFP, cette crise devrait offrir l’occasion de mener une réforme courageuse qui rééquilibre en son sein les rapports de forces. Pour un renouveau qui évite la victoire de ceux qui ne veulent pas d’un grand parti où ils deviendraient petits et qui s’acharnent à rapetisser le parti où ils sont sûrs de rester grands.


Une illustration édifiante de la difficulté de la tâche est donnée par l’échec cuisant de l’initiative de « 2007 Daba ». Pour rappel, il s’est agi d’une ambition louable, partie d’un constat très simple (le Maroc change) pour chercher à concilier les citoyens et particulièrement les (nouvelles) élites avec la politique. Un pont à construire en somme entre deux mondes qui s’ignorent. Au service de cette ambition : des ténors de la société civile, des moyens financiers et techniques importants, une grande médiatisation et tous les attributs de la modernité et de la transparence. En fin de compte l’opération s’est terminée sur un gâchis lamentable ! Aucun des objectifs annoncés n’a été atteint. Pourtant, cette initiative ne cherchait pas à se substituer aux partis existants, elle se proposait même de les faire bénéficier des objectifs qu’elle s’est fixée.

dimanche 2 décembre 2007

Changement de leadership à l'USFP

Le bureau politique de l’USFP se réunit régulièrement ces derniers temps pour examiner la question du leadership du parti. Une réunion déterminante doit normalement avoir lieu mardi pour valider un texte qui devrait offrir une issue acceptable aux différentes composantes de cette instance dirigeante. Il faut dire que la situation ne pouvait plus durer. Après l’échec électoral et la mauvaise gestion de la participation au gouvernement, et surtout la dégradation de l’image du parti et de son fonctionnement interne, les responsabilités devaient être identifiées et des mesures courageuses devaient être prises.

Il est évident que tous ceux qui poussent dans ce sens ne sont pas tous exempts de tout reproche, ni qu’ils sont capables de faire mieux dans l’avenir. Mais, il est urgent de sortir de cette logique qui veut que puisqu’on n’a pas mieux on doit faire avec le pire ! Il faut que, pour une fois, lorsque l’on dirige et lorsque l’on prend la responsabilité de mener des négociations, on soit soumis à évaluation, prêt à assumer et à rendre des comptes. Il faut surtout produire un électrochoc susceptible de réveiller et revigorer ce qui reste des troupes.

Quatre ans après la publication du contrat déterminant les exigences du leadership (voir billet du 23 novembre), rien n’a été réalisé. Bien au contraire, la situation n’a fait qu’empirer.

En fin de compte, nous n’avons pas eu droit à ce leader qui fédère, qui prend soin des troupes, qui élargit les bases, qui crée des groupes de réflexion, qui n’épargne pas d’effort pour que ne s’allonge pas la liste des errants sur la vaste terre selon le principe ‘Ardou allah ouassi3a’ !

Et comme si nous avions besoin de preuve supplémentaire, ce qui vient de se passer à la Chambre des députés ne fait que confirmer ce qui n’avait même plus besoin de l’être. En pleine bataille à l’occasion des discussions sur la loi de finances pour la défense des intérêts des couches sociales que représente le parti, le chef est apparu en retrait par rapport à ses députés. C’en était trop !!!

Maintenant il faut s’atteler à la tâche véritable de la reconstruction. D’urgence !

vendredi 30 novembre 2007

Embellie dans le ciel assombri de l'USFP

Après la défaite du 7 septembre (plusieurs dirigeants battus, baisse du nombre d'élus) et la déconfiture du 15 octobre (participation humiliante en nombre de portefeuilles réels, en budgets et en poids), le parti de l'USFP donnait des signes de fatigue évidents. Un communiqué du Bureau politique a essayé de corriger le tir en sortant des concepts ahurrissants tels que "la faute à un nouveau venu en politique" et "soutien critique" et en appelant à une évaluation de la situation qui devait s'achever avant la tenue du Conseil National, prévue avant la fin du mois de novembre (et qui n'est même pas encore programmée)!!!

Pendant ce temps là le gouvernement préparait sa loi de finances 2008 qu'il a fini par faire adopter en conseil de gouvernement sans qu'elle soulève la moindre objection de la part des ministres de ce parti.

Cette loi de finances dès son atterrissage en commission de la première Chambre, a par contre attiré l'attention de certains députés ittihadis, dont Khalid El Hariry, par les cadeaux fiscaux qui y étaient réservés aux grandes sociétés. Nous n'allons pas refaire ici le débat, dont s'est d'ailleurs emparé la presse dans une première du genre au Maroc, mais il faut signaler que grâce à la vigilance de ce député, l'identité politique et les engagements électoraux de l'USFP ont été rappelés et défendus au sein d'une coalition qui n'attend de ses membres que le vote discipliné. Dans son intervention en plénière d'hier, El Hariry a rappelé tout cela dans le détail, faisant preuve de compétence et de fidélité aux valeurs de son parti.

L'autre enseignement à tirer de cette embellie est que la vie politique marocaine que l'on dit morne et sans intérêt peut être animée et connaître des débats utiles à la société. Pour peu que les choses soient confiées aux profils appropriés.

Aux dernières nouvelles, le ministre des finances a proposé d'accepter les amendements présentés par le groupe USFP et élaborés par El Hariry en leur apportant quelques modifications. Objectif à moitié atteint donc!

Ceci démontre que le bon sens combiné à la persévérance finit par payer, alors que la veille, cédant à la situation créée par la sourde oreille du gouvernement et craignant pour son rôle de pacificateur des bouillonants, le chef du parti avait appelé le groupe à abandonner, un peu tôt, ses amendements et à voter le texte tel qu'il avait été présenté!!!

vendredi 23 novembre 2007

Reconstruire l'USFP: en 2003 déjà!

Il y a de cela exactement quatre ans, le 28 novembre 2003, après le retrait de Youssoufi de la vie politique, les membres du Bureau politique d’alors avaient décidé de confier la direction de l’USFP à son adjoint qui a été élu ensuite à ce poste lors du 7ème Congrès.

La nouveauté dans ce changement résidait dans le fait qu’il a été accompagné d’un document énumérant les problèmes et mettant l’accent sur les décisions à prendre. Il s’était agi, en fait, d’un contrat en bonne et due forme (la version intégrale peut être téléchargée ici).

Les observateurs avisés se souviendront que l’élaboration de ce document avait pris beaucoup de temps, fait couler beaucoup d’encre et nécessité des semaines de tractations.

Aujourd’hui, quatre années donc après l’adoption de ce document, il n’est pas inutile de le relire pour mesurer le chemin parcouru sous le leadership qui était censé le mettre en œuvre.

Or il n’est pas difficile de constater que les maux diagnostiqués persistent encore, aggravés même par le score obtenu lors des élections du 7 septembre et par la gestion de la participation à l’actuel gouvernement. Que ce soit au niveau organisationnel, au niveau du rayonnement, ou de l’impact sur la vie politique nationale, le parti n’a pas résolu les problèmes que cette feuille de route avait soulevés, malgré l’espoir qu’elle avait suscité.

Mais cette situation pousse à poser une autre question : quelle valeur, quelle crédibilité attribuer aux contrats et aux documents signés par nos instances et dirigeants politiques ? Cela rejoint le constat généralement admis : pour leur maintien au poste, ils vous signeront ce que vous voulez… Ce qui confirme par ailleurs le postulat de départ qui est souvent mis en pratique : « les gens ont la mémoire courte, avec le temps ils finissent par tout oublier… »

Pour ne pas oublier, et rappeler que les problèmes de novembre 2003 sont encore là, voici quelques extraits de ce document :

L’expérience de l’alternance a ouvert de nouveaux horizons pour le parti ce qui exige, lors du prochain congrès, une évaluation de l’expérience et de toutes les batailles qu’elle a nécessitées, en particulier celles concernant les élections législatives et communales précédentes. Parce que cette évaluation nous permettra de mesurer de manière précise et claire ce que cette expérience a accumulé comme acquis positifs, ce qu’elle a provoqué comme bouleversement et ce qu’elle a généré comme conséquences négatives qu’il sera nécessaire d’affronter. Les grandes aspirations que le peuple marocain a fondées sur cette expérience nous imposent une lourde responsabilité qui exige de nous la remise en cause et le réexamen nécessaires pour éviter tout échec ou retour en arrière.

Nous avons connu sous nos directions historiques un climat de consensus et d’unanimité qui a des avantages évidents. Mais ce climat a imposé au parti des entraves qui ont largement contribué à l’apparition du sectarisme, de l’égoïsme et de la perte de temps, dans des luttes marginales, dans l’absence des règles claires du fonctionnement, de l’évaluation de l’action et du dialogue interne. Et il est temps d’appliquer avec le début de cette nouvelle ère les règles de la gestion démocratique: l’élection, la concurrence loyale, la préservation des droits de la minorité et la garantie des conditions et des moyens permettant à la majorité d’appliquer son programme politique et organisationnel.

L’USFP un parti enraciné dans le tissu social marocain, avec des instances et implanté dans toutes les régions du Maroc, a connu ces dernières années un certain recul, en matière d’intégration dans ses rangs de nouvelles forces et de nouvelles générations.

Parmi les entraves de cet élargissement et de cette ouverture, il est à relever la lenteur de la communication au niveau des responsabilités à l’échelon local, national et régional, ce qui a engendré la constitution d’entités bureaucratiques liées à des personnes. Des liens, qui entravent une ouverture à même d’enrichir les instances du parti et de renforcer leur efficacité et présence. Dans la perspective de la nouvelle étape, il est devenu nécessaire de faire un effort important pour récupérer les compétences gelées, s’ouvrir sur toutes les synergies que recèle notre société et restructurer nos instances régionales et sectorielles pour qu’elles soient un pôle permanent d’attraits pour les compétences.

Les conditions favorables à cette approche passent nécessairement à travers la réorganisation interne, l’écoute des préoccupations des citoyens et la confirmation des références du parti, en tant qu’organisation démocratique, progressiste et socialiste qui milite en faveur des valeurs du progrès, de la modernité et de la solidarité.

S’il est vrai que chaque étape possède des méthodes de travail qui lui sont spécifiques, force est de reconnaître dans ce contexte que les appareils de l’USFP, et à leur tête, l’appareil du Bureau politique, ont besoin d’une réforme globale.

D’où la nécessité aujourd’hui et en vue de parvenir au septième congrès national du parti dans un climat marqué par des relations objectives et un travail commun et solidaire, d’orienter tous nos efforts pour la restructuration organisationnelle du parti, le renforcement de ses secteurs fondamentaux, notamment les jeunes et les femmes, l’élargissement de ses bases, la formation de ses cadres et la dynamisation de ses appareils nationaux et locaux.

Il faut s’interroger sur l’impact de l’érosion de l’autorité morale du parti sur ses appareils, structures et militants et l’un des aspects les plus dangereux de cette érosion est son atteinte au statut moral du Bureau politique dont les membres sont devenus la cible de campagnes empoisonnées, d’injures et de diffamation.

La continuité du laxisme et de la confusion ne peut conduire qu’à la réédition des scissions.

L’évaluation de l’expérience des institutions de l’USFP et notamment l’institution du Bureau politique a démontré qu’il y a trois questions sur lesquelles il faut convenir pour permettre à celle-ci d’être apte à remplir les tâches dont elle a la charge. La première est relative aux principes devant orienter l’action du Bureau politique et que nous devons adopter comme mécanismes régissant nos relations internes, diriger notre travail et être respectés par tous. Cela implique:
Primo: l’action collective et la répartition effective des responsabilités.
Secundo: le dialogue, la franchise et l’autocritique
Tertio : l’écoute et le respect de l’opinion différente
Quarto : l’évaluation continue du travail effectué comme moyen pour l’amélioration de l’efficacité et de la rentabilité.


A propos du groupe des ministres socialistes et sur la base de l’expérience au sein de l’actuel gouvernement, il nous faut réfléchir aux démarches que nous devons entreprendre pour dynamiser l’action gouvernementale et déterminer les questions à soulever au sein du gouvernement afin que l’USFP garde et défende l’initiative des réformes fondamentales conformément à ses propres engagements auprès des citoyens. Une telle option requiert une coordination ininterrompue et régulière entre le groupe des membres socialistes du gouvernement et les institutions du parti.

vendredi 16 novembre 2007

El Gahs

Depuis quelques semaines, je me suis volontairement abstenu de commenter ou même de suivre les déclarations de tel ou tel dirigeant ou membre de l'USFP. Le temps devait être laissé à la réflexion calme et sereine, à la réaction posée et éloignée des calculs du moment et du règlement de comptes. Certains ont, bien entendu, éprouvé le besoin de s'exprimer pour se justifier, expliquer l'inexplicable, maquiller les vérités qui n'échappent plus à personne... En fait, ils n'ont fait qu'aggraver leur cas; ils voulaient récupérer de nouveaux alliés, ils n'ont fait que perdre le peu de supporters, même intéressés, qui leur restaient...La manipulation aussi performante soit-elle finit toujours par éclater...La manoeuvre aussi perfectionnée soit-elle finit toujours par se découvrir. Le fil du mensonge est court, comme on dit chez nous!

Avec El Gahs, c'est différent. Aujourd'hui, il sort une interview sur le journal Assabah. Je suis d'accord, pleinement d'accord avec tout ce qu'il dit. Je ne vais pas y revenir ni commenter ce qu'il a dit. En revanche, je veux profiter de l'occasion pour lui dire, en toute amitié, quelques vérités le concernant.

J'interromps l'écriture de ce billet pour m'indigner au sujet de ce que je suis en train de vivre comme amertume, en direct depuis le stade de France, où l'hymne français est en train d'être sifflé par, je présume, la majorité du public d'origine marocaine venu assister a match France-Maroc...

Ces vérités, en résumé sont les suivantes: 1) pourquoi, à partir de la position qu'il a acquise, en tant que député, puis ministre, puis membre du bureau politique, n'a-t-il pas oeuvré pour dynamiser une alternative à ce que nous critiquons tous aujourd'hui? Pourquopi, en tant que député, il a quitté sa circonscription sans laisser de trace organisationnelle, ni assurer de continuité avec les électeurs? Pourquoi dans la gestion de son ministère, aucune répercussion ne peut être enregistrée aujourd'hui sur l'évolution du parti, comme cela est le cas partout dans les autres pays démocratiques?

J'arrête là. Je reviens vers le match...

mardi 23 octobre 2007

Un chef d'oeuvre!

En effet! Après plusieurs réunions, menaces, délibérations, négociations, le communiqué est tombé. La direction de l'USFP a analysé la situation, examiné le contexte, étudié les circonstances, soupesé les tenants et les considérants, apprécié les positions...Maintenant les choses sont beucoup plus claires. Il n'y a eu ni échec, ni défaite, ni même recul! Le respsonsable de la situation caractérisée par la colère populaire devant le recul démocratique : c'est l'autre, en l'occurence un certain nouveau venu dans la scène politique dont le nom ne mérite même pas d'être cité!

C'est vrai, il est spécifié que les recommandations du conseil National n'ont pas été prises en compte, c'est dit dans le texte. Mais on ne saura pas par qui!!! Probablement par l'autre! Pas de femme dans les cinq: c'est dit dans le communiqué, il s'agit d'une décision non conforme avec nos valeurs modernistes. Mais décision prise par qui? On ne le saura pas. Il faut deviner. Lire entre les lignes, décrypter. La politique c'est cela!

Passons, tout cela appartient au passé. Parlons d'avenir. Que décide-t-on dans ces conditions? Que dit le communiqué? D'abord prendre la distance avec le gouvernement et agir en soutien critique. Ensuite, réunir le conseil national. Et enfin, inviter les militants à débattre de ce communiqué!
Si avec ce communiqué, la révolution ne se déclenche pas dans ce parti...

jeudi 18 octobre 2007

Crise à l'USFP

En rappelant mes premiers billets et la motivation initiale de ce blog, je ne voudrai vraiment pas ennuyer mes visiteurs et lecteurs avec les histoires internes de l'USFP. Même si je dois également constater que ce thème ne déplaît pas, puisque d'après mes statistiques, c'est celui qui est le plus lu et suivi. Par exemple, le billet sur un fait triste et regrettable d'un élève ratant sa scolarité pour un détail figure parmi les moins lus... Passons!


Au moment d'écrire ces mots, le bureau politique de l'USFP est réuni pour étudier la position à adopter à l'égard des négociations pour la formation du nouveau gouvernement. Il semblerait qu'une bonne partie de cette instance dirigeante ne voit qu'une seule issue: la démission du premier secrétaire et son adjoint! Je ne sais pas si cette décision sera prise. Mais je pense personnellement qu'il est indispensable de produire un électrochoc après toute cette période où l'on banalise tout, simplifie tout, justifie tout et durant laquelle des fautes ont été commises de manière impardonnable durant tout le processus.

Tous ceux qui appellent à l'organisation d'un Conseil national puis d'un congrès pour atteindre ce résultat partent certes du souci légitimiste mais font courrir le risque de rater l'opportunité de rupture. Il faut le dire tout net: le foramatage qui fonctionnait si bien à l'époque Hassan II ne fonctionne plus avec l'actuel roi. A chaque période son leadership, c'est élémentaire! Et aucune tentative de rattrappage ne peut être durable.


Comment peut-on admettre que l'on réponde sur la motivation de l'appartenance au gouvernement par la phrase suivante:

"Lorsque le premier ministre désigné a entrepris de former son gouvernement, il y a eu une décision du Roi selon laquelle le premier secrétaire de l’USFP devait avoir un statut ministériel avancé par rapport aux autres membres de l’Exécutif". C'est un comble!

Je ne connais toujours pas les décisions prises lors de la réunion de ce soir. Mais si rien de tranchant n'est entrepris, le parti ne se relèvera pas de la crise qu'il traverse...

lundi 15 octobre 2007

Grosses couleuvres et petites sucreries

C'est fait! Le Maroc a un nouveau gouvernement. Faisons maintenant une lecture plus calme de la nouvelle formation.
Il y a incontestablement un effort du côté de la participation féminine (7 sur 34). Il y a aussi renouvellement (19 sur 34). Et probablement expertise et rajeunissement.

Mais pour ma part je retiendrai que dans l'affaire il y a deux gagnants.

Commençons par le premier gagnant. Le parti de l'Istiqlal. En nombre d'abord. 10 postes sur 34. Une proportion qui ferait croire que ce parti a gagné plus de 80 sièges aux législatives! En contenu aussi: Santé, équipement, habitat, eau, environnement, affaires générales, ...

Le deuxième gagnant c'est indéniablement le ministre d'Etat, deuxième personnalité du gouvernement!

Mais le premier secrétaire de l'USFP, avec seulement quatre portefeuilles, aura du mal à convaincre le conseil national du parti qui exigeait que la participation soit assurée par des portefeuilles qualitatifs permettant l'amélioration de l'implantation du parti et une plus grande visibilité.

dimanche 14 octobre 2007

L'USFP au gouvernement: premier commentaire

Au moment de la préparation du programme électoral de l’USFP, l’équipe restreinte en charge de son élaboration avait décidé de rompre quelques barrières et de s’engager dans une sorte de lobbying sur le contenu auprès de la presse influente et d’autres catégories, comme le patronat, ou les ONG. Des questions simples, très simples, lui ont été alors posées, reprises d’ailleurs dans des éditoriaux, de Tel Quel et de l’Economiste (édito du 18 juillet, avez-vous l’URL ?).

Tous deux avaient souligné les caractéristiques de faisabilité, d’innovation et de cohérence de ce programme, mais posaient, pour résumer, deux questions : 1- Quelles sont les garanties de prise en compte de ce projet dans le programme du prochain gouvernement si l’USFP en faisait partie. 2- Est-ce qu’il y aura adéquation entre profils et missions pour sa réalisation, ou alors est-ce qu’il y aura continuité dans le casting gouvernemental ?

L’équipe répondait qu’elle faisait le pari de la bonne foi et de la volonté de changement.
En effet, il était temps pour le parti de sortir du partage qui y prévalait entre ceux qui développaient des idées, menaient la réflexion et écrivaient des textes d’un côté et ceux qui se chargeaient, de l’autre côté, de se placer et de récolter les fruits de ce travail. En quelque sorte, cette équipe se disait qu’après tous les départs de compétences qu’a connus ce parti, il devrait y avoir volonté d’abandonner, enfin, le schéma suicidaire suivi jusqu’à présent : d’un côté les jetables et remplaçables quelles que soient leurs compétences et de l’autre les inamovibles, les indispensables quels que soient leurs défauts !

En fait, cela posait une question à laquelle il était difficile d’échapper : Comment ce parti peut-il continuer à vivre s’il ne trouvait à proposer aux postes de ministres dans le gouvernement de 2007 que ceux-là mêmes qui étaient déjà aux postes en 1998 ? Quelle autre preuve de stérilité et de sclérose pouvait-on apporter ! Que d’eau allait-on verser au moulin des ennemis et adversaires !

Pendant la campagne électorale, les candidats et les militants ont eux aussi été interpellés sur cette question. L’échec de deux ministres et de cinq membres du bureau politique avait aussi une signification claire.
Le conseil national, appelé à se pencher sur la débâcle du 7 septembre, n’avait d’ailleurs pas dit autre chose. Participation, oui. Mais avec renouvellement, efficacité, visibilité et proximité. Le mandat était clair. Il ne pouvait être trahi !

L’issue de la négociation, achevée ce jour, donne la réponse aux questions posées par les éditorialistes et les électeurs. Il y a eu renouvellement partiel. Trois sur les cinq ministres du gouvernement sont nouveaux.

Mais sur le volet du contenu, des secteurs qui étaient sensés redonner au parti les possibilités de renforcer son implantation, il n’y a eu aucune avancée. Au contraire. J’y reviendrai plus en détails demain…

Les membres USFP du gouvernement

C'est presque sûr. Demain, les membres du nouveau gouvernement seront officiellement nommés. L'USFP y sera représenté par: Yazghi sans protefeuille, Radi à la Justice, Ameur, aux MRE, Chami au Commerce et industrie, et Aghmani à l'emploi et compétences...